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les professionnels du BTP naviguent encore plus à vue, les clients aussi


La guerre en Ukraine amplifie le phénomène. La crise sanitaire avait déjà eu pour conséquences des pénuries de certains matériaux ou des hausses spectaculaires. Les entreprises, en Gironde comme ailleurs, font face à un casse-tête quotidien et leurs chantiers pourraient être fortement retardés.

C’est comme une navigation à vue. Entre incertitudes sur les délais et les prix. Pas de quoi rassurer les clients et les professionnels. Les pénuries et la hausse des prix des matières premières font trembler les professionnels de la construction depuis presqu’un an.

Un coup ça peut être l’acier, un coup ça peut être le cuivre, ou encore les cartes électroniques qu’on met dans les chaudières. Aucun métier n’est épargné. Mais ça se manifeste différemment.

Laurent Debord – Fédération Française du Bâtiment Gironde

France 3 Aquitaine

Actuellement, tous les métiers du bâtiment sont confrontés à des problèmes d’approvisionnements en fournitures. « Ça impacte tous les métiers« , explique Laurent Debord, délégué général  de la Fédération Française du Bâtiment, « avec des rythmes assez variables d’une période à l’autre. « 

Et même sur des « petits » chantiers. « Si vous avez besoin de changer votre chaudière, avant, vous pouviez l’avoir en trois semaines. Aujourd’hui, chez n’importe quel fournisseur, c’est difficilement  moins de dix semaines voire plus !« 

Laurent Debord précise qu’il existe « deux phénomènes » : « d’une part la disponibilité des matériaux et d’autre part, la hausse des matériaux », « et en général c’est les deux en même temps ».

« Et c’est ça qui est de plus en plus compliqué pour nos entreprises. En cas d’indisponibilité, vous ne pouvez plus travailler (…) et c’est compliqué de le faire admettre à des maîtres d’ouvrage. Et ce n’est pas plus simple si vous avez des hausses très importantes. Certains matériaux ont augmenté de 300 % ! Par exemple l’acier, à double titre, car l’Ukraine gros producteur d’acier, a une production à zéro ».
L’acier ukrainien, on peut l’utiliser pour armer les fondations, les coffrages, mais aussi dans les structures métalliques de construction ou de soutènement.

Il faut dire que sur certains types de matériaux, les producteurs sont peu nombreux à une échelle mondiale : « par exemple pour l’acier, le principal producteur, c’est ArcelorMittal. Au niveau mondial, ils sont trois ou quatre comme ça. Quand ces entreprises mondiales prennent une décision, ça impacte le monde entier« .

Cette crise est faite de plusieurs paramètres, dernièrement dictés par les variables sanitaires et géopolitiques. Récemment, le bois a augmenté. « Mais c’est à cause d’une trop forte commande » et la Chine et les Etats-Unis ont tiré leur épingle du jeu car « ils sont sortis plus tôt des confinements, ou entre deux confinements (…) Ils ont drainé tout le marché ! »

De la même façon, il explique que des pénurie peuvent aussi avoir d’autres causes comme il y a un an et demi avec la peinture. « Au niveau mondial, il y a deux ou trois fabricants qui déclinent sous des dizaine de marques (…) Dans cette peinture, vous avez un composant chimique : le monomère. Quasiment une seule usine le produit. Elle se trouve au Texas » où une énorme tempête, l’hiver précédent, l’avait mise à l’arrêt.

Les entreprises du bâtiments sont prises entre, d’un côté des fournisseurs, et de l’autre des maîtres d’ouvrage qui doivent faire face à des coûts supplémentaires, des chantiers avec du retard.

« Dans tous les gros chantiers, vous avez des pénalités de retards. Si les entreprises ne peuvent pas travailler, le matériaux qui augmentent et qu’en plus vous avez des pénalités de retard, à un moment donné, il faut dire stop« .

« Une situation de guerre, ça déstabilise l’économie mais la crise des matériaux préexiste depuis un an, un an et demi ». On est très dépendants de composants de toutes sortes qui viennent de l’Etranger ». Les entreprises du bâtiment, comme beaucoup d’autres, ont mis en place une politique du zéro-stock. Parce qu’un stock ça coûte cher »

Par ailleurs, chacun doit faire face à ses engagements, mais Laurent Debord exprime également une ambiance qui s’installe et qui est compréhensible : « On se rend compte aujourd’hui que les relations commerciales, de fidélité quelque part, qu’il pouvait y avoir entre nos entreprises et leurs fournisseurs (…), elles ont volé en éclat. C’est le premier qui passe qui prend le matériau quel que soit le prix ». « On se bat pour finir ses chantiers. des fois pour les commencer…C’est déstabilisant pour tout le monde. Surtout que, traditionnellement les entreprises du bâtiments ne sont pas des entreprises qui ont beaucoup de trésorerie. Toute augmentation des prix les met en danger ».

Laurent Debord rappelle qu’il existe 5300 entreprises en Gironde et « presque autant d’artisans indépendants » qui représentent 30 000 salariés. La fédération compte 800 adhérents qui vivent à peu près la même chose : « elles sont toutes sur le fil du rasoir ».





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