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Déconfinement : le marché de l’immobilier de l’Yonne va-t-il être dopé par l’arrivée des Franciliens ?

Déconfinement : le marché de l’immobilier de l’Yonne va-t-il être dopé par l’arrivée des Franciliens ?
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Acquérir un bien au calme et à la campagne, c’est l’une des premières tendances post-confinement qui semble se dessiner sur le marché de l’immobilier et l’Yonne pourrait bien en tirer parti. L’attrait pour les maisons secondaires semble s’accentuer avec la fin du confinement.  

La moitié des clients viennent de région parisienne

Les citadins, notamment les Parisiens, qui parfois ont vécu le confinement dans de petits appartements, ont aujourd’hui envie d’une maison avec jardin.
Pour Cédric Moscardini, directeur de l’Agence du pays à Charny Orée de Puisaye, “c’est une grosse demande. Pour les maisons de campagne, il y a beaucoup de Parisiens qui viennent sur le secteur. On a des grosses journées avec beaucoup d’appels, de demandes, mais pas forcément les biens qui correspondent.” Depuis la fin du confinement, la moitié de ses clients viennent de région parisienne. 

Virgil Gourault lui gère 11 agences immobilières Ordim sur le département. Il constate également une grosse demande des Franciliens notamment en Puisaye-Forterre. “Là, elle est de plus en plus soutenue. Aujourd’hui, c’est très simple, je n’ai pas assez de biens à la vente pour satisfaire la demande. Mes équipes sont sur le pied de guerre pour en trouver et satisfaire nos clients.” 

Ils recherchent plutôt des fermettes. 
Cédric Moscardini

Le bien principal recherché ? “Ils cherchent plutôt des fermettes. Ce sont des petites maisons de campagne de charme un peu typés avec des encadrements en briques, des toits en petites tuiles“, nous décrit Cédric Moscardini. “Ce ne sont pas les pavillons standards qu’ils peuvent trouver du côté de la région parisienne. Ils cherchent vraiment la maison ancienne avec des tomettes, les poutres.” 
Ils cherchent un environnement, la campagne, du calme, pas trop de voisinage, pas de nuisance, pas de route, la tranquilité en somme.

1 maison sur 3 est secondaire en Puisaye 

L’attrait pour les maisons de campagne dans l’Yonne comme résidence secondaire ne date pas d’hier. Le département est connu pour être un lieu de villégiature des Franciliens.

Selon une étude publiée par l’INSEE le 6 mai dernier, en dehors des zones littorales et de montagne, c’est sur le département icaunais que les Franciliens jettent leur dévolu, notamment dans le Sénonais et en Puisaye.
Ils représentent les deux tiers des propriétaires de résidences secondaires dans l’Yonne, soit le ratio le plus important de tous les départements français.
 

Densité de résidences secondaires détenues par des résidents d’Île-de-France. / © Insee, fideli 2017
Densité de résidences secondaires détenues par des résidents d’Île-de-France. / © Insee, fideli 2017

L’effet déconfinement

Mais ce phénomène tend à s’accentuer depuis la fin du confinement. Beaucoup d’agences immobilières enregistrent de nombreux appels de Franciliens et de Parisiens désireux de visiter des maisons avec terrain, soit pour l’acquérir dans le cadre d’une résidence secondaire, soit pour venir s’y installer. 
 

Depuis le déconfinement, les semaines sont chargées. 
Cédric Moscardini

Ce regain d’intérêt des Franciliens, Cédric Moscardini l’attendait. “On est content de voir que les clients sont présents et qu’il y a une vraie demande. Ça appelle, ça visite. Depuis le déconfinement, les semaines sont assez chargées.”

Tous les voyants sont au vert pour l’immobilier en ce moment.
Virgil Gourault.

Pour Virgil Gourault, “il y a l’effet déconfinement. Là, nécessairement il y a un accélérateur, notamment dans une période où il fait beau. Tous les voyants sont au vert pour l’immobilier en ce moment“. 

La crainte d’un reconfinement 

Les conséquences du confinement ont semble-t-il changé les règles du marché et la généralisation du télétravail aussi. Pour Cédric Moscardini, “il y a une demande supplémentaire. Les gens se sont dis pendant le confinement si cela recommence on veut être à la campagne et pas dans un appartement.”

Certains envisagent à court ou à moyen terme de faire de leur résidence secondaire leur résidence principale et de privilégier le télétravail“, explique Vigil Gourault. “Ce sont des gens qui investissent aujourd’hui en se disant j’arrêterai de bosser le mercredi soir et je viendrai travailler la fin de la semaine chez moi“.

Proximité et prix abordables, les atouts de l’Yonne 

Selon Cédric Morascardini, les principaux atouts de l’Yonne, ce sont “la proximité avec Paris, l’autoroute, une belle campagne, des prix abordables“. Quand tous ces critères sont réunis, “la clientèle parisienne réagit aux annonces.” 

Si on avait plus de petites fermettes, pas très chères, on en vendrait certainement plus mais il n’y en a pas beaucoup. La moyenne des budgets est autour de 100 000 euros. Dans ces prix là, il n’y en a pas beaucoup.”   

On a des budgets que l’on a pas trop l’habitude de voir sur notre secteur. 
Virgil Gourault

Mais d’autres clients n’ont visiblement pas de souci de budget. Selon Virgil Gourault, “il y a des clients qui ont des budgets de 300 ou 400 000 euros mais cela peut monter jusqu’à 1 million. Cela fait de belles sommes que l’on a pas trop l’habitude de voir sur notre secteur.” 

Les prix de l’immobilier dans l’Yonne sont bien en deça des prix de la région parisienne et les taux des crédits restent bas. Exemple avec Stephan Simpson. Il est agent immobilier à Auxerre. Cette semaine, il a vendu un appartement avec grenier à Auxerre à un client venu de Seine Saint-Denis. “Il va en faire deux logements en location. Et cela va lui coûter 100 000 euros entre l’achat et les travaux. Pour le même prix à Paris, il aurait un studio de 10 m2 voir une chambre de bonne. On peut acheter de très belles choses dans l’Yonne, bien placées.”  

Cette tendance est-elle durable ? 

Stephan Simpson est également président de la Fédération nationale de l’immobilier de l’Yonne. Concernant l’impact sur le marché sur le long terme, il reste prudent. “Je ne pense pas que cela va durer. Ce qui pourrait faire que cela dure, c’est une véritable aide au télétravail.” 

Avec un gain en qualité de vie, de fortes économies à la fois pour les salariés et les entreprises, la généralisation des visioconférences, cela peut vraiment tout changer. Et dans ce cas là, l’Yonne peut réellement tirer son épingle du jeu car c’est relativement joli et que les biens sont très abordables“.

Cédric Moscardini s’accorde aussi sur ce point. “On a des clients qui ne veulent avoir un lieu où travailler et monter un jour ou deux sur Paris. Il y aura peut être des changements de vie à l’avenir. “

Seul bémol pour Stephan Simpson, le réseau. “S’il y avait un véritable développement de la fibre, on pourrait profiter réellement de ce phénomène de généralisation du télétravail“.

Virgil Gourault, lui se veut optimiste. “Je pense que cela va perdurer parce que le télétravail va se développer de plus en plus. Ça va se démocratiser.” Il y a aussi de plus en plus de Parisiens qui veulent investir dans la pierre car c’est une valeur refuge. 

Quel impact de la crise financière ? 

Stephan Simpson reconnait que ce phénomène peut aussi s’expliquer parce que “les personnes n’ont pas pu faire de visite pendant le confinement. Il y a un report des ventes sur les premières semaines de déconfinement. Dès que ce flot va se tarir, il y aura les congés d’été, et en septembre, on a une crise sévère qui nous attend.”

Si la période actuelle est propice aux ventes et la demande est là, Cédric Moscardini se veut également prudent sur la suite. “Il y a le chômage qui va intervenir et le marché de l’immobilier pourrait être impacté. Ce n’est pas tout rose. Pour l’instant, il y a une demande. C’est le moment de mettre en vente mais combien de temps cela va durer ? Ça, je ne peux pas le dire. Cela va peut être impacter les prix. Si le chômage augmente, il y aura moins de clients potentiels et les prix pourraient flamber“.  
 



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