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A Saint-Germain-sur-Ille, « ne pas grandir trop vite pour ne pas se perdre. »


En deuxième couronne de Rennes, la commune de Saint-Germain-sur-Ille résiste comme elle peut à un urbanisme galopant. Grâce à sa liaison ferroviaire, elle relève, presque, le pari cher à l’écrivain Alphonse Allais : mettre les villes à la campagne. Mais son développement récent n’est pas sans conséquences.

Léane, 20 ans, s’apprête à commencer le recensement de la population de sa commune. Etudiante aide-soignante à Rennes, elle a grandi à Saint-Germain-sur-Ille et s’y plaît toujours.

Le recensement est pour elle un job étudiant qui s’ajoute aux baby-sittings. « Je connais beaucoup de familles ici » , se réjouit-elle. Et elle devrait en découvrir de nouvelles. 

Rennes à 20 minutes

Sans préjuger du nouveau décompte, la commune de Saint-Germain-sur-Ille pourrait bien avoir gagné une centaine d’habitants, soit un dixième de sa population, en seulement trois ans.

Et pour cause : un village de maisons de pierre abritant 977 âmes (au dernier recensement), une jolie école avec 133 élèves, et un train régulier, avec des passages tôt le matin et jusque tard le soir pour rejoindre Rennes ou en rentrer, en seulement 20 minutes… La commune présente de sacrés attraits. Le rêve de tout ex-citadin en quelques sortes.

Enchâssé dans des terres agricoles et des espaces protégés

Pourtant, malgré sa récente poussée de croissance, Saint-Germain-sur-Ille devra rester un petit village. La commune dispose en effet d’une superficie limitée : 3,7  km2, ce qui en fait l’une des plus petites communes d’Ille-et-Vilaine.

Au Nord, des champs et cinq exploitations agricoles.

A l’Ouest, des bois et l’Ille, la rivière.

Au Sud, une zone artisanale et un espace naturel de pâturage.

Saint-Germain-sur-Ille ne peut s’étendre aux alentours sans manger des terres agricoles. 

Convoité par les aménageurs et lotisseurs

La commune a déjà avalé deux champs. Il y a trois ans, une trentaine de maisons a poussé au Nord de Saint-Germain. Cette hiver, les travaux de terrassement ont commencé pour un nouveau lotissement, plus à l’Ouest en se rapprochant des bois.

Le projet annonce vingt maisons, dont deux logements sociaux. C’est le même aménageur, Terrain service, qui construit sur cette deuxième parcelle. Le prix ? Environ 200 euros le m2 viabilisé.

 

 

Pas une semaine ne se passe en mairie sans qu’on ait la visite de promoteurs ou de particuliers. Mais les professionnels savent lire les Plan locaux d’urbanisme et connaissent les limites de la commune. C’est vrai que c’est une pression, mais qui est gérable. Quand on explique les choses, il n’y a pas de problème.

Bertrand Legendre, maire de Saint-Germain-sur-Ille

Une équation qui reste à résoudre

A proximité du terrain à bâtir, Nadine qui habite Saint-Germain-sur-Ille depuis 30 ans, regarde les pelleteuses avec amertume. « Vingt maisons, ça fait beaucoup. Dix maisons, ça aurait été plus logique. Là, ça fait un peu HLM. »

 

« Ici, c’est bouché »

Pourtant, il suffit de pousser la porte du Bistrot Saint-Germain, pour comprendre l’enjeu de créer de nouveaux logements. La communauté de communes a rénové ce bar-tabac-restaurant et en a confié la gérance à un jeune couple de restaurateurs, venu de région parisienne avec la ferme intention de faire du bistrot un lieu de convivialité et de programmation culturelle. 

Heureux locataires germinois, depuis leur arrivée en septembre 2021, Maud et Nicolas n’imaginent cependant pas devenir propriétaires ici.
 

A Saint-Germain, ce n’est même plus la peine. Evidemment, si j’avais le choix, ce serait d’acheter ici. Notre fils va grandir et fera peut-être des études à Rennes, plus tard. Mais je pense qu’ici c’est bouché.

Maud Roux, gérante du Bistrot Saint-Germain

 

Dents creuses

Pour s’en convaincre, on peut regarder les annonces immobilières des deux notaires installées dans le bourg. Aucune ne propose de biens à Saint-Germain-sur-Ille ou à proximité. D’ailleurs, la dernière maison vendue dans le village est partie en trois jours, sans annonce, grâce au bouche-à-oreille.

Restent les dents creuses. La commune en compte quelques-unes. Certains lotissements anciens pourraient aussi faire l’objet de réaménagement, pour être densifiés.

 





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