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à l’Alpe- d’Huez, faute de remontées mécaniques et de locataires, on brade les prix



La crise sanitaire fait redouter une saison blanche à tous les acteurs de la montagne. Les propriétaires de logements risquent de ne pas pouvoir honorer leurs prêts faute de locataires. Alors, à L’Alpe- d’Huez, on a tenté une stratégie : brader les prix, et accepter des séjours courts.

A l’heure où tous les acteurs de la montagne restent dans l’incertitude sur la possibilité de rouvrir leus domaines skiables et leurs remontées, un secteur se “fait des cheveux blancs” sur son avenir. La saison est particulièrement compliquée pour les propriétaires de logements à la montagne. Il y a certes ceux qui ont déjà amorti leur investissement, mais d’autres, ont fait le pas plus récemment pour acheter à la montagne.

C’est le cas de Pauline Smith, propriétaire d’un petit appartement en plein centre de la station avec vue imprenable sur les sommets. Elle a fait un emprunt pour l’acheter, environ 130 000 euros, sans compter les travaux de rafraîchissement et de rénovation. En saison haute, elle le loue 1200 euros à la semaine mais cette année, “le petit appartement rénové n’a guère trouvé preneur. On a baissé les tarifs, il faut tout de même qu’il tourne, et puis c’est aussi important pour la vie de la station, explique-t-elle, c’est important que les commerces vivent, que le coeur batte un peu”.

A l’Office du tourisme, pendant les vacances de Noël, la station a fait le plein malgré les restrictions sanitaires. Chaque jour, les agents de l’accueil reçoivent environ 300 personnes. “On a un peu limité la casse“, constate  François Badjily, directeur de l’office de tourisme, “grâce à des offres commerciales record, mais on est à 50 % du taux de réservations habituelles, et ces 50% sont vendus à un taux inférieur de 30%. Le calcul est vite fait, d’autant que pour les séjours du Nouvel An, les annulations arrivent en cascade”.

 

“Les propriétaires ont joué le jeu”

C’est au moins un objet de satisfaction pour Thomas Reverbel, directeur d’une agence immobilière : “l’une des particularités de notre station, c’est que la plupart des logements sont aussi des résidences secondaires et que leurs propriétaires viennent pour beaucoup de la région, du Rhône, et certains sont même venus tout particulièrement en période de confinement parce qu’ils en avaient assez de la ville”.

En revanche, c’est plus compliqué pour ceux qui viennent d’investir, ils ne seront pas en mesure de rembourser leurs prêts bancaires et devront vendre, si la situation perdure.

Face à l’incertitude du mois de janvier, les annulations de séjours se sont enchaînées. Pour les vacances de février, plus de 80% des biens de la station seraient déjà réservés. Un chiffre encourageant. Mais tout peut s’effondrer si les remontées mécaniques restent à l’arrêt le 7 janvier.  

 



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