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À Compiègne, une église à vendre pour 587 000 euros

À Compiègne, une église à vendre pour 587 000 euros
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L’église évangélique Baptiste de la Vallée de l’Oise se sépare de sa bâtisse. C’est l’agence Patricia Besse, spécialiste en la matière, qui se charge de la vente. En France, une dizaine d’églises se voient être revendues, parfois pour se métamorphoser en lieux plus insolites. 

“À 10 minutes à pied du château, et 15 minutes de la gare”. À première vue, il s’agit d’un début d’annonce immobilière plutôt classique. Mais ici, l’objet de la vente est un bâtiment religieux.

En effet, l’ancienne église anglicane de Compiègne attend une nouvelle vie. Jusqu’à maintenant, c’était l’église évangélique Baptiste de la Vallée de l’Oise qui occupait les lieux. Aujourd’hui, la raison de la vente est simple : “L’église ne répond plus à nos besoins en termes de taille”, précise le pasteur Nicolas Farelly. Ces dernières années, la communauté a beaucoup grandi. “Quand bien même nous sommes attachés au lieu pour sa beauté, nous considérons que la communauté a besoin d’un endroit plus grand.”

Capture d'écran de l'annonce immobilière de l'ancienne église anglicane de Compiègne

Capture d’écran de l’annonce immobilière de l’ancienne église anglicane de Compiègne

Pour 587 000 euros, il est possible de s’offrir ce bien chargé d’histoire de 1 180 mètres carrés et situé dans le Triangle d’or. Plutôt étonné, Jérome Ferchaud, responsable du Pays du Valois à l’agence Patrice Besse chargée de la vente, se dit déjà “noyé sous les coups de téléphone” depuis lundi 22 février, jour où il a publié l’annonce. 

Chapelle, église, ancien presbytère etc … Ces biens se vendent comme n’importe quel appartement ou maison. Chaque année, une dizaine de chapelles ou d’églises sont mises en vente. Selon l’Observatoire du patrimoine religieux, 5 à 10 % des 100 000 bâtiments recensés en France, seront vendus ou abandonnés d’ici 2030, de quoi intéresser parfois les plus ambitieux. En revanche, si vous souhaitez devenir propriétaire d’une cathédrale, il faut être… L’Etat. 

Mais qui achète des églises ? 

Le joueur de foot, Zlatan Ibrahimovic, (non, ce n’est pas une blague) s’est offert en 2015, une ancienne église de la fin du 19e siècle, d’une valeur de 12 millions d’euros. L’ancienne star du PSG est le propriétaire d’une immense bâtisse de 900 m2 sur quatre étages en plein cœur de Stockholm. Pas si étonnant, pour celui que beaucoup considèrent comme un dieu du foot. 

À Compiègne, comme ailleurs, Jérôme Ferchaud distingue trois types de profils qui appellent : “Il y a ceux qui souhaitent continuer une activité religieuse, ceux qui veulent la transformer en lieu d’habitation, et enfin les projets professionnels à la dimension artistique, sociale ou pour du business, des espaces de coworking, par exemple.”

Habiter dans une église, est-ce envisageable ? “Ces lieux ont une infrastructure particulière, un plan qui fait qu’au départ, il n’a pas destination à être un lieu d’habitation. Mais certains peuvent le devenir”, explique Sylvie Besse de l’agence Patricia Besse. À Nantes, une ancienne église Jésuite, a ainsi été rachetée par un avocat souhaitant y installer son loft de 220 m². Les Bâtiments de France avaient cependant demandé à ce que rien de l’ancienne église ne soit cassé. 

Lorsque ce ne sont pas des lofts, il n’est pas rare, non plus, de voir ces anciens lieux de cultes se transformer en refuges plus insolites : un Skatepark à Llanera en Espagne, une librairie au Pays-Bas, ou encore un restaurant à Anvers en Belgique. À Vandœuvre près de Nancy, l’église Saint-François-d’Assise fut convoitée un temps par la chaîne de fast-food KFC.

Abandonnée depuis plusieurs décennie, cette église de 1915 répond désormais au nom de "Kaos Temple", une sorte de parodie pour skateurs à Llanera, dans les Asturias espagnoles

Abandonnée depuis plusieurs décennie, cette église de 1915 répond désormais au nom de “Kaos Temple”, une sorte de parodie pour skateurs à Llanera, dans les Asturias espagnoles

© CESAR MANSO / AFP

Cherche vendeur sérieux

Peu de chance pour l’église anglicane de Compiègne de connaître un destin similaire. “Je suis à très vigilent sur les profils”, confie Jérôme Ferchaud. Pour convaincre l’agent – et membre d’une association de préservation du patrimoine – il faudra respecter quelques règles, à savoir : “Pas de projet qui risque d’abîmer l’architecture de l’église” et “être un acquéreur qui n’apportera pas de nuisance”. “Pour le moment, personne ne m’a proposé de projet fantaisiste”, fait-il remarquer.

“On essaie aussi de transmettre les lieux entre de bonnes-mains”, confie Sylvie Besse. “On achète pour la beauté du lieu, mais aussi pour les possibilités qu’il offre”. De lieu “cultuel”, il pourrait sûrement devenir un lieu “culturel”. “On cherche des personnes qui ont vocation à le transformer en espace d’exposition, de concerts ou d’atelier d’artistes.” L’annonce précise d’ailleurs que “sa beauté, mais surtout ses dimensions à taille humaine et son emplacement en plein centre-ville sont gage d’une réussite pour un projet artistique”. Petit bonus : une bâtisse en fond de jardin, où un artiste “pourra s’y installer pour y vivre au quotidien”.

En 2014, l’agence Patricia Besse, spécialisée dans la vente des édifices de caractères en France, avait déjà permis à l’église de Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus d’Hirson dans l’Aisne de vivre une seconde vie, en la revendant au pianiste américain Kit Armstrong, qui a depuis organisé de nombreux concerts en son sein.

De son côté, le pasteur Farelly ne cache pas sa préférence pour une autre communauté chrétienne. La mairie de Compiègne, quant à elle, communique son souhait de laisser l’église accessible au public après sa vente. La décision restera collective, “c’est important de choisir ensemble”, précise Sylvie Besse.

À propos de l’église anglicane de Compiègne

L’origine de cette église anglicane remonte au XIXe siècle, grâce à la générosité d’une riche écossaise, Maria Jane Bowes Lyon, parente de la reine Victoria. 

Comme beaucoup d’Anglais de la Haute société de l’époque, elle se rend régulièrement à Compiègne sous le Second Empire pendant le séjour de la cour impériale. Napoléon III et l’impératrice Eugénie les reçoivent au château de Compiègne en visite. C’est ce qu’on appelle : “les séries” de Napoléon, puisque chaque semaine, une série d’invités se succèdent.“Il s’est posé la question d’un lieu de culte pour eux, explique Jérôme Ferchaud, car étant de religion anglicane, ils ne pouvaient pas fréquenter les églises françaises”. Maria Jane Bowes, fait alors poser la première pierre le 7 mai 1867, et l’église sera inaugurée 1 an plus tard. 

Elle continue à accueillir les fidèles Anglais des années après, même pendant la première guerre mondiale, durant laquelle, elle sert pour les offices religieux des officiers anglais basés dans les environs. Après la Seconde Guerre mondiale, le culte anglican perd peu à peu ses fidèles, qui désertent l’église située au Triangle d’Or. Dans les années 1980, c’est finalement l’église évangélique Baptiste de la Vallée de l’Oise qui reprendra le flambeau. 






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